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Production


Fabrication

La resine de cannabis est issue des glandes secretoires des feuilles et fleurs que porte la plante femelle (bien qu'ils contiennent du THC, les plants males ne produisent pas de resine).

Diverses techniques d'elaboration du haschich sont employees dans le monde. La plus repandue, utilisee dans le monde arabe, consiste a faire secher les plantes, puis a les tamiser afin de separer les gouttes de resine de la matiere vegetale. Selon la finesse du tamis, plusieurs qualites sont obtenues. Henry de Monfreid, dans La Croisiere du haschich6, decrit de maniere precise et litteraire cette methode qu'il a eu l'occasion d'observer dans une ferme grecque, ou il s'etait rendu pour acquerir du haschich destine a la contrebande vers l'Egypte. La resine peut etre ensuite stockee afin de la bonifier (en Afghanistan, ou la resine est conservee dans des sacs en peaux de chevre, le stockage avant pressage peut aller jusqu'a dix ans). La resine poudreuse est ensuite pressee, apres chauffage.

Au Maroc, on utilise des presses hydrauliques, ce qui donne les fameuses plaquettes dures, de couleur jaunatre/verte/marron (pour l'exportation uniquement). Pour la petite histoire, c'est pour boycotter les cigarettes francaises (en vente au Maroc pendant la periode du protectorat) que le Roi Mohammed V donna, par decret royal, le droit de planter du kif aux cultivateurs dans la region de Ketama (par ailleurs cultive depuis plus de 500 ans dans la region). Il faudra attendre le debut des annees 1970 pour voir arriver dans cette region des mouvements hippies, venus fumer le kif marocain. Ils montrerent aux cultivateurs ketamis les techniques apprises en Afghanistan et au Liban pour faire secher les plantes, separer et compresser la resine7.

En Afghanistan, on peut egalement presser la garda (nom local de la resine non pressee) a la main. Sinon, celle-ci est versee dans un grand mortier sous lequel est allume un feu. Lorsqu'elle est suffisamment chaude, une lourde pierre est actionnee afin de presser la resine. Le produit obtenu, appele charas, est de couleur vert fonce a noir, tres mou et tres odorant.

Dans la region de l'Himalaya, le haschich s'appelle egalement charas, mais l'influence hindoue fait que l'on ne coupe pas les plantes (le cannabis est sacre dans l'hindouisme). La resine est recoltee en frottant les sommites fleuries avec les mains. Au bout d'un certain temps, la resine s'accumule sur les paumes et les doigts. Celle-ci est alors grattee, et forme le fameux charas de l'Himalaya. Comme pour la resine tamisee, le charas produit de cette facon necessite une periode de bonification avant de pouvoir reveler toute sa palette de saveurs et d'effets.

Chaque region possede ses excipients specifiques. A noter que la presence de tels produits n'est pas systematique, et c'est generalement le haschich destine a l'exportation qui est coupe.

C'est dans le haschich marocain que l'on trouve le plus d'adjuvants nocifs, tels que medicaments psychotropes, cirage, cire, colle, huile de vidange, henne. La fameuse "savonnette" qui etait tres repandue en France dans les annees 1990, etait souvent composee de feuilles de cannabis pulverisees, liees avec de la paraffine ou de l'huile de vidange, auxquelles on ajoutait des medicaments pour l'effet.[ref. necessaire]

Dans les pays du sous-continent indien, on utilise surtout du Ghi (beurre clarifie), mais aussi les dejections d'animaux, le jus de tabac, l'essence de terebenthine, la datura, le cafe, etc.

Depuis quelques annees, la production de haschich est en forte augmentation en Occident, et de nouvelles techniques de production sont apparues. Le skuff n'est en fait qu'une appellation commerciale donnee au haschich fabrique aux Pays-Bas dans les annees 1990. Le mot skuff vient d'une contraction du mot skunk (terme generique sous lequel etait designee la marijuana hollandaise, mais a l'origine un petit mephitine du Nouveau-Monde, le sconse ou mouffette, via une variete hollandaise de cannabis particulierement puissante et odorante) et de stuff qui signifie " matos " en anglais. C'est un mot qui n'est quasiment plus utilise depuis l'apparition de techniques de production telle que le water-hash, l'ice-hash, le bubble-hash. Ces trois appellations font appel a la meme technique : les fleurs seches sont mises dans une serie de sacs tamis specialement elabores pour cette usage, puis le tout est plonge dans un seau d'eau et de glace. La temperature basse modifie les proprietes rheologiques de la resine, qui de visqueuse et collante devient dure et cassante, ce qui permet de la separer plus facilement de la matiere vegetale. Le melange est remue vigoureusement afin de permettre une bonne separation. La matiere vegetale flotte a la surface, tandis que la resine plus lourde traverse le premier tamis et se depose dans un autre sac enveloppant celui contenant les fleurs. La resine peut alors etre tamisee a nouveau afin de separer les differentes qualites. Celle-ci est ensuite sechee, puis pressee ou laissee sous la forme de poudre, selon les preferences du consommateur. Ce mode de fabrication donne un produit non altere et de tres forte puissance.

Attention, de la meme maniere que la " resine " du cannabis n'a aucune parente avec la seve des coniferes, ce que l'on designe comme " pollen " n'a rien a voir avec le pollen des plantes males. Il s'agit en fait du nom donne a la resine sous forme de poudre, ou tres legerement pressee (la garda d'Afghanistan par exemple).

Conditionnement

Aujourd'hui, le haschich se conditionne surtout en plaquettes ou en blocs semblables a des savonnettes. Le produit se compacte assez facilement ce qui permet aux trafiquants d'en cacher des quantites importantes dans des volumes restreints.

Les plaquettes sont entourees de cellophane en essayant de rendre l'emballage hermetique a l'eau et a l'air. Ensuite, les plaquettes sont cachees dans des paquets eux-memes dissimules par les trafiquants.

Dans les pays ou la consommation de cannabis est reglementee mais toleree comme les Pays-Bas, des commerces se sont specialises dans la vente de conditionnements discrets et secrets specialement pour le haschich. Il existe ainsi des bombes aerosol de reparation de chambre a air dont le socle se devisse pour laisser apparaitre un double fond, des fausses canettes de soda sont egalement realisees sur le meme principe ainsi qu'une quantite d'autres objets heteroclites.

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